Peut-on avoir des relations sexuelles entre le mariage traditionnel et la cérémonie civile ?

 
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Il me semble qu’on pourrait structurer la réflexion en deux pôles; vous me dites si vous êtes preneurs.

On est tous d’accord que le sexe AVANT le mariage est proscrit par la Bible (non, non, on ne goûte pas). Si quelqu’un ne converge pas dans cette interprétation biblique, nous lui conseillons vivant les passages suivants: Actes 15:20; Romains 1:29; 1 Corinthiens 5:1; 6:13,18; 7:2; 10:8; 2 Corinthiens 12:21; Galates 5:19; Éphésiens 5:3; Colossiens 3:5; 1 Thessaloniciens 4:3; Jude 7.

De même, quelque soit la conception que l’on a du mariage, une fois qu’on préfère l’une à l’autre, on a le droit (et même le devoir) de consommer.

Voici donc nos pôles.

La validation du mariage

Le mariage. Il y a tellement de définitions et de connotations… Tenez en quelques unes (je paraphrase):

Selon la loi (l’Etat): union de deux personnes régissant la vie à deux et donnant droit à des obligations et des droits de l’un envers l’autre, contenu dans un document reconnu par la loi. Bon, y en a qui ont même créé le « mariage pour tous » (même sexe). Abomination.

Selon les traditions ou coutumes ou tout-ce-que-vous-voulez, c’est l’union de deux personnes (et très souvent de deux familles) manifestée par un rituel codifié et symbolique et scellée par voie orale ou écrite.

Selon les communautés Chrétiennes, c’est quand la soeur ne chante plus à la chorale et que le frère ne vient plus souvent à l’heure aux réunions. Naaan, plus sérieusement, c’est quand le pasteur a validé votre couple (foutaises!). Re-naaaan, c’est quand l’assemblée a prié, béni et s’est réjoui qu’il y a moins de célibataires (oui, je peux faire des « naaan » à l’infini). Bref, l’assemblée bénit le couple et on chante à coups de tenor et d’alto improvisés, « Je veux que Sergeobee soit béniiii… C’est mon souhaiiiiit, sois béni, c’est mon souhait« .

Bonus: Dans le cas d’Hiram et de Dina (soeur des fils de Jacob), le mariage a été considéré et réclamé par ses frères, qui ont quand même rasé une ville entière pour exprimer leur colère (Boanergès, fils du tonnerre), parce qu’il y avait eu rapport sexuel! Mais ce n’est pas une raison à mon avis.

Historiquement…

Toutes ces descriptions reflètent les schémas organisationnels au fil du temps et des régions du globe que les hommes ont mis en place pour encadrer ce moment décisif dans la vie sociétale. L’idéal ou tout du moins, la conception qui ne souffrirait pas de contestation – ce que beaucoup font et qui n’est pas un péché – est de cumuler les trois (coutumier, civil, religieux).

Mais dans le cas où il y a absence de :
– coutume/tradition (les Occidentaux s’en foutent un peu; à ce que je sais)
– autorité administrative étatique (régions reculées)
– assemblée religieuse (pays fortement musulman pour un Chrétien)

Quel mariage prendre en considération? Sur quoi le Seigneur va baser la validité du mariage? En d’autres termes, si entre un mariage et un autre, on rompt l’union, peut-on dire qu’il y a divorce et que le remariage d’une des parties pourrait être considéré comme adultère? La Parole doit pourtant nous fournir une réponse, non?

A bien observer les récits bibliques de l’AT, la plupart des mariages se concluaient dès la phase coutumière (Boaz et Ruth, Dina et Hiram, Issac et Rebecca, Jacob et Rachel, Osée et la prostituée, Esther et Artaxèxes, etc.). On pourrait émettre des réserves diverses: pratiques paleotestamentaires, absence d’Etat, régime théocratique (Etat gouverné selon les lois religieuses) et la fameuse directive biblique fortement recommandée d’obéir aux autorités (on y reviendra). Et dans le NT, on n’a pas plus d’indices plaidant pour le contraire dans les cas des noces de Cana, Joseph et Marie, l’union de Christ à l’Eglise, etc.

Et selon la Bible?

C’est Paul qui nous donne un indice clair sur la conception de Dieu sur la validité du mariage (à mon avis).

« Si quelqu’un regarde comme déshonorant pour sa fille de dépasser l’âge nubile, et comme nécessaire de la marier, qu’il fasse ce qu’il veut, il ne pèche point; qu’ils se marient. Mais celui qui a pris une ferme résolution, sans contrainte et avec l’exercice de sa propre volonté, et qui a décidé en son coeur de garder sa fille vierge, celui-là fait bien. Ainsi, celui qui marie sa fille fait bien, et celui qui ne la marie pas fait mieux. » – 1 Corinthiens 7

Je pense que depuis le début, dans le coeur de Dieu, c’est de ça qu’il s’agit. C’est le père qui marie sa fille; pas les parents (désolé pour les femmes); pas la famille (ça ne vous ne regarde en rien); pas le pasteur (Dieu te demande de paître Ses brebis, pas d’en devenir un gourou), pas les frères en Christ (laissez le commérage), pas les soeurs (arrêtez d’être jalouses). C’est le père qui marie sa fille. Qu’est-ce à dire? Une fois que le jeune a obtenu l’approbation du père et que la jeune femme est consentante (voir histoire de Rebecca), le jeune homme peut s’attacher à sa femme, y compris sexuellement.

Maintenant, nous avons d’autres facteurs, qui ne sont pas nécessairement péché ou anti-scripturaires. Psychologiquement, c’est bien de tout faire avant de consommer. Socialement c’est gratifiant de passer par toutes ces étapes et de produire un bon témoignage, y compris en une seule fois. « Stratégiquement », c’est intéressant d’être béni en plus par l’assemblée. Cependant, ce n’est pas un crime de ne pas tout allier car il y a déjà eu mariage (pour moi).