Mon mari travaille trop !

 
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« Mon mari travaille trop ! »
« J’en ai marre, mon mari travaille trop, y compris le week-end… »

Nombreux sont les maris qui ont entendu les reproches amers d’une épouse : « Tu n’es jamais là… Il n’y a que ton travail, tes dossiers, ton entreprise qui compte, la famille passe après… Tu n’auras pas vu grandir tes enfants… J’ai l’impression que tu t’embêtes avec moi… etc. » Et la réponse des maris ne se fait pas attendre : « Tu ne crois pas que tu exagères ? Que dirais-tu si tu avais épousé un marin au long cours ou un commercial international… ou un mari passant ses soirées au café ? Et d’abord, si je travaille, c’est pour qui ? De toute façon, dans quelques années ça ira mieux… C’est une période où je dois assurer… c’est tout ». Dans ce cas, comme dans tant d’autres d’ailleurs, il importe que chaque conjoint fasse un effort d’empathie dicté par l’amour : en essayant de comprendre le fonctionnement de l’autre, son ressenti, sa façon de concevoir la vie de couple.

Peut-être votre mari n’a-t-il pas pris conscience suffisamment de l’immense attente qu’une femme a du mariage.

Pour la plupart, le bonheur doit commencer ce jour-là : elles ont attendu ce jour avec impatience, elles ont rêvé de vivre enfin une relation chaleureuse et permanente qui les arracherait à leur solitude de jeune fille… Au fiancé qui acquiesçait volontiers à l’époque, elles parlaient avec passion de ce « nous » qu’ils allaient réaliser : « Nous deux, on dialoguera… Nous deux, on fera un nid bien chaud pour nos petits… Nous deux, on priera ensemble ».

« Nous deux ! », mot magique, porteur d’une espérance folle. Si bien que l’épouse a ensuite besoin d’une présence continue de l’aimé, et que toute séparation est dure à supporter. Même quand elle travaille à l’extérieur, elle ne coupe pas le fil qui la relie à son mari, ses enfants, sa maison, et la pensée de ceux qu’elle aime ne la quitte jamais totalement – à moins qu’elle ne soit elle-même investie dans de hautes responsabilités.

Bien plus, s’il est une période dont elle attend beaucoup, c’est le week-end, c’est le dimanche – le jour de son seigneur ! Jeune fille, elle appréciait ces dimanches qui lui permettaient de rencontrer son futur, et quand le dimanche soir il la quittait, elle pensait qu’une fois mariée, il serait tout à elle. Or, voilà que justement ce fameux dimanche est devenu pour Monsieur jour de pêche, de chasse, de bricolage… ou de travail à terminer. Comment n’aurait-elle pas l’impression d’avoir été flouée ?

Essayons maintenant de mieux comprendre le « fonctionnement » du mari.

En général, il ressent moins que l’épouse le besoin d’une présence permanente de l’aimée – sauf lorsqu’il se vit comme un mal-aimé. Une présence cyclique peut le satisfaire. Moins unifié que l’épouse, il compartimente davantage sa vie, se laissant absorber tout entier par l’occupation du moment. S’il est au bureau, il n’est pas ailleurs… et un coup de fil de l’épouse ne lui provoque pas forcément un plaisir fou. Quand il est à la pêche, il regarde fixement le bouchon, sans rêver les yeux au ciel à celle qui l’attend à la maison.

Certes, l’épouse n’ignore quand même pas que son mari a des obligations professionnelles impé-ratives ou un grand besoin de détente, mais ce qui l’irrite, c’est qu’elle a l’impression parfois « qu’il aime ça » (plus qu’elle ?), qu’il ne souffre pas de son absence, qu’elle ne lui manque pas.

Dès l’instant où chacun fait l’effort de comprendre l’autre, les solutions peuvent se trouver facilement.

C’est Monsieur qui s’efforcera de noter dans son agenda des plages réservées pour le couple, faisant à sa femme le don du temps-cadeau. Qui lui expliquera aussi combien certains jours il préférerait tellement être à la maison plutôt qu’au bureau. Qui lui fera la surprise de rentrer plus tôt certains soirs ou de lui offrir un week-end en amoureux dans un coin enchanteur, compensant ainsi ses absences par des moments de disponibilité totale et d’attention. Par exemple, si le pêcheur qui a pris à sa femme des heures précieuses pour son passe-temps favori revenait le soir dix fois plus amoureux, Madame ne manquerait pas de penser : « Vivement qu’il reparte ! »

De votre côté, Madame, ne mettez pas en doute l’amour de votre mari parce qu’il travaille trop, quand justement il pense « se défoncer » pour le bien de tous. Car finalement, c’est ce sentiment d’être mal-aimée ou moins aimée qui vous fait souvent prendre en grippe ce travail, aussi accaparant qu’une rivale. Comprenez qu’il puisse cesser de penser à vous quand il mène une âpre discussion commerciale ou que, glissé sous une voiture, il répare un pièce déficiente. C’est quand il est dans vos bras qu’il faut juger de son amour, car, à cette minute, il est tout entier à vous, et ce serait une erreur de le rejeter (pour le punir de ses absences !) ou de le renvoyer dans son compartiment-travail en lui parlant de ses préoccupations professionnelles.

Mais permettez-moi, Madame, un petit conseil pour terminer :

Ne vivez pas uniquement pour votre conjoint, ou pour vos enfants d’ailleurs.

Vivez aussi pour vous. Trouvez des activités qui vous épanouissent. Il faut aussi apprendre à vivre seul. La vie peut vous séparer, et il faut faire face.
Et puis, observez autour de vous : n’est-ce pas un brin cocasse de voir des épouses qui ont tellement réclamé la présence de leur mari à leurs côtés, ne plus pouvoir le supporter à l’heure de la retraite ?