Le choix d’une épouse (Zutter 3)

 
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Aussi remarquable qu’ait été l’exaucement de la prière d’Éliézer, il ne lui donna pas la liberté de faire le deuxième pas. Il se tut, car la volonté du patriarche devait être parfaitement accomplie. Il se trouvait bien dans le pays recommandé par Abraham, il avait bien devant lui la jeune fille choisie par Dieu, mais aussi longtemps qu’il ne connaissait pas la famille et la parenté, il garda le silence. L’assurance que l’ordre avait été exécuté ne résidait pas dans le seul exaucement de sa prière, mais dans la parole de son seigneur. Cet exaucement peut certainement engendrer de l’étonnement, cependant la bouche d’Éliézer reste fermée : il se tait et fait monter louange et actions de grâce devant l’Éternel, plus rien ne s’opposant à la poursuite de sa mission. C’est ainsi que nous serons gardés de déceptions en nous tenant dans la lumière de la Parole de Dieu, même après l’exaucement de nos prières. Arrêtons-nous maintenant un instant sur quelques considérations qui pourraient être utiles à une jeune fille. Par la présence d’Éliézer auprès de la fontaine, le comportement de Rebecca a été soumis à une certaine épreuve. En plus de ses occupations habituelles, elle a été placée sans y être préparée devant une grande tâche de nature à dévoiler son caractère. Éliézer ne lui demande, il est vrai, qu’un peu d’eau pour lui-même, demande facile à satisfaire, mais elle lui en donna abondamment et dit : «Je puiserai aussi pour tes chameaux». Si Rebecca ne lui avait donné qu’un peu d’eau à boire, il n’aurait sans doute pas renouvelé sa demande. Il aurait immédiatement reconnu, en vertu de sa prière, qu’elle n’était pas celle que Dieu avait destinée à Isaac. Mais c’est précisément là que Rebecca se révèle être un exemple pour toutes les jeunes filles d’aujourd’hui, exemple à la hauteur de son merveilleux appel. Elle ne compte pas sur l’aide de ses compagnes. Elle ne demande pas non plus si sa peine sera récompensée ou non ; elle est placée devant sa tâche et se met immédiatement à l’œuvre pour l’accomplir. Nous avons en elle un très bel exemple de jeune fille spirituelle qui ne pense pas uniquement à elle-même et aux choses terrestres, mais qui est disposée à servir le Seigneur sans s’occuper de la rétribution. Comme le même travail peut avoir deux valeurs différentes ! Avec l’eau que le troupeau buvait, elle exerçait son activité journalière, avec l’eau dont elle étanchait la soif d’Éliézer et celle des chameaux, elle servait Dieu. Le même endroit, la même personne, la même heure, le même ustensile, le même travail, et pourtant un service différent. Notre travail n’a peut-être qu’une valeur terrestre mais, s’il est fait pour le Seigneur, il peut rafraîchir son cœur et faire l’objet d’un appel divin. Bienheureuse celle de nos lectrices qui peut être comparée à Rebecca ! Elle ne perdra certainement pas sa récompense. En effet, comment Dieu pourrait-il avoir recours à ses services sans la récompenser richement ?

Reprenons le cours de notre méditation. Jusqu’ici personne n’a pu lire dans le coeur du jeune homme exercé à qui nous nous adressons et l’issue de l’expérience faite avec le Seigneur n’a pas encore été révélée. Si le propos de Dieu doit avoir son accomplissement, le moment est venu de t’en ouvrir, comme cela nous est solennellement rapporté dans les versets 33 à 49. Jusqu’à cette heure tu n’avais aucun motif de te confier à qui que ce soit, si ce n’est à tes propres parents (selon les circonstances un entretien confidentiel avec un frère éprouvé ou un «père en Christ» peut naturellement être profitable) même pas à « Rebecca», mais seulement à ton Seigneur. Mais maintenant tu jouis de la pleine assurance de la foi et tu désires parler devant Dieu et devant les hommes. Ton cœur est animé par l’ordre divin, touché par la fidélité de Dieu qui t’a gardé sur le chemin et conduit à la maison. Tu as vu la jeune fille, tu as observé son attitude. Tu dois maintenant être capable, si tu as suivi le chemin d’Éliézer, d’exposer aux parents de la jeune fille, qui peut-être ne se doutent de rien, l’objet de ta requête depuis son origine jusqu’au moment présent. Tu peux parler de ton affection toujours plus vive envers leur fille, de tes luttes, de tes prières, de tes expériences avec le Seigneur. Éliézer ne se présente pas comme un homme superficiel, offrant ou voulant faire un bon parti. Il n’était rien de moins pour la famille de Bethuel que «le béni de l’Éternel». La première visite dans la maison des parents devrait laisser cette impression. Mentionnons encore un trait de caractère d’Éliézer. Bien qu’il sache parfaitement que Rebecca est la jeune fille destinée par Dieu à Isaac, il n’émet aucune prétention, laissant à la famille le soin de décider si elle veut donner la jeune fille ou non. Il va même jusqu’à se soumettre à leur volonté, faisant ainsi preuve d’un niveau spirituel élevé.
Veuille donc observer ceci : il ne s’agit pas en choisissant ta fiancée de satisfaire en premier lieu tes penchants naturels, bien qu’ils soient intimement liés à ce choix, mais d’accomplir un ordre divin. L’impression que tu laisseras d’une entrevue au cours de laquelle tu auras, en ta qualité de frère spirituel, livré ton secret doit amener la famille à reconnaître clairement que «la chose procède de l’Éternel». Une telle expérience est sans contredit remarquable pour tous les intéressés, lorsque le comportement d’un jeune homme permet d’entrevoir la main du Seigneur nouant des liens familiaux et unissant deux cœurs pour la vie. Il est naturel que les parents et la jeune fille elle-même aient besoin d’un certain laps de temps pour se prononcer.

Comment est-il possible qu’une éventualité, qui s’est formée peu à peu dans ton cœur et au sujet de laquelle tu as longtemps prié, soit tranchée sur-le-champ ? Le plus grand service que tu puisses rendre à cet égard tant aux parents qu’à la jeune fille consiste justement à susciter par ta conduite la conviction : «La chose procède de l’Éternel». Si cette condition n’est pas remplie, la lumière ne saurait jaillir. En revanche, si elle est réalisée, tu pourras compter sur l’assentiment des parents et ils considéreront ta démarche comme la réalisation des conseils divins. Ils se réjouiront de l’avenir de leur enfant et l’assisteront de leur appui, si bien que, après un temps de réflexion plus ou moins long, la jeune fille pourra répondre à la question : «Iras-tu avec cet homme ?» par un joyeux : «J’irai». Plus d’une jeune lectrice s’inquiétera peut-être à la pensée de devoir brusquement être placée devant une telle décision, en particulier si l’homme qui demande sa main ne répond pas tout à fait à ce qu’elle attendait. Va-t-elle laisser disposer de sa personne sans avoir son mot à dire, presque comme une esclave ? Si l’on agissait ainsi envers elle, nous le comprendrions, mais c’est tout autre chose lorsqu’un jeune homme suit le chemin que nous avons décrit pour venir auprès d’elle ; elle est alors mise en face non pas de la volonté d’un homme, mais de la volonté de Dieu et tout apparaît sous un jour entièrement nouveau. Même si la profession, les moyens d’existence, le degré d’instruction, la parenté sont des éléments qui doivent être pris en considération, il n’en est pas moins vrai qu’ils n’occupent pas la première place. Nous connaissons des soeurs dans le Seigneur dont l’époux actuel suscita lors de sa première visite plus de déception que de joie. Cependant il se révéla être l’envoyé du Seigneur ; il laissa à la jeune soeur le temps de s’épancher devant Dieu et elle est aujourd’hui du nombre de ces femmes et mères pieuses possédant la ferme conviction d’avoir justement trouvé le mari capable de les rendre heureuses.
Nous sommes ainsi parvenus au bout du chemin secret de tout jeune homme à la recherche d’une épouse. On comprend aisément que la dernière déclaration de la jeune fille le remplisse de joie. Après avoir persévéré dans la prière et fait d’inoubliables expériences, il aimerait maintenant avoir à ses côtés celle que le Seigneur lui a destinée : «Ne me retardez point, quand l’Éternel a fait prospérer mon voyage». Il est sans doute opportun, lorsqu’on a reconnu des deux côtés la volonté du Seigneur et que les dispositions naturelles s’harmonisent, de ne pas retarder le mariage plus longtemps qu’il n’est nécessaire. Le chemin suivi par Éliézer et l’œuvre qu’il a accomplie nous sont relatés d’une façon très belle dans les versets 10 à 66 ; le fiancé n’est jamais mentionné comme prenant des initiatives. Bienheureux le frère qui laisse agir le Saint Esprit ! Ce n’est qu’au verset 67 que le fiancé intervient et conduit la jeune fille à la maison ; elle devint sa femme et il l’aima.

«Il l’aima». J’aimerais ajouter quelques mots à ce sujet. L’amour de l’homme à l’égard de sa femme est beaucoup plus important qu’on ne veut bien l’admettre en général. Nous ne pouvons pas nous imaginer le choix d’une épouse sans le mobile de l’amour : c’est une condition indispensable. Il serait inexcusable devant le Seigneur de faire ce pas en étant seulement poussé par la raison. L’amour commence avec le mariage, et s’enracine ensuite toujours plus profondément. Isaac n’avait pas besoin de l’exhortation : «Maris, aimez vos femmes». Il aimait Rebecca comme ayant reçu ce don de la main de Dieu. Sa présence le lui rappelait tous les jours.

Que tous mes chers lecteurs examinent leur vie et leur conduite devant le Seigneur à la lumière de ce qui précède ; il sera peut-être possible de corriger des négligences ou de réparer ses fautes. Cette parole s’adresse en premier lieu aux jeunes gens et aux jeunes filles, mais aussi à vous, chers parents, pour que vous soyez capables de conseiller votre fils et de venir en aide à votre fille. Les enfants sont le bien le plus précieux que le Seigneur nous a confié. Aspirez donc à ce qu’ils mûrissent intérieurement et qu’ils soient à la hauteur de la dignité de cet appel qu’est le mariage. Prenez garde à ce que la conversation soit spirituelle, en particulier lorsque d’autres croyants, jeunes gens et jeunes filles, fréquentent votre maison. Il en résultera une grande bénédiction pour toute la famille. Comme nous l’avons mentionné au début, les voies de Dieu sont différentes envers chacun de nous, mais elles sont toujours en rapport avec le modèle du chapitre sur lequel repose notre méditation. L’un de nos lecteurs pourrait peut-être demander s’il existe beaucoup de mariages qui sont établis sur un tel fondement ? Seul Celui devant lequel nous sommes tous comme un livre ouvert peut donner la réponse exacte. Nous affirmons toutefois que des frères se sont efforcés en toute bonne foi de suivre ce chemin et nous ajouterons, à titre d’encouragement, que le Seigneur fidèle leur a accordé et le vouloir et le faire. Il se pourrait que les mariages conçus dans cet esprit soient en vérité assez rares. Beaucoup n’ont connu le Seigneur Jésus qu’après leur mariage. D’autres, faute d’une connaissance suffisante de l’Écriture, ou trop peu soumis à la Parole et trop peu confiants dans le Seigneur, n’ont suivi ce chemin qu’en partie, peut-être même pas du tout. Ceci étant, il est tout naturel qu’on ne goûte pas la richesse d’une telle expérience avec le Seigneur.

Ces lignes ne sauraient en aucune façon revêtir le caractère d’un blâme ; elles ont tout simplement pour but de montrer jusqu’où nous pouvons monter dans ce chemin parsemé de si riches bénédictions. De toute manière, si nous voyons des enfants de Dieu suivre à cet égard un chemin contraire à l’Écriture, gardons-nous d’exprimer à leur sujet un jugement inconsidéré et peu charitable. En agissant ainsi, non seulement nous ne serions pas utiles à la personne concernée, mais il nous serait impossible de la gagner. Même si nous ne pouvons approuver sa conduite et si nous estimons convenable de lui adresser une parole, il faut éviter à tout prix qu’un fossé infranchissable sépare des enfants de Dieu ; nous nous rendrions ainsi tout aussi coupables devant le Seigneur.

J’aimerais en terminant, attirer l’attention sur un autre point. Il se pourrait que l’un ou l’autre lecteur d’âge mûr se frappe la poitrine en lisant cet article et s’accuse en pensant que beaucoup de choses auraient pu se dérouler autrement. Et pourtant, le Seigneur a été fidèle ! Le ménage est heureux, les enfants suivent le chemin de la séparation pour Dieu. Tout est allé pour le mieux. S’il en est ainsi, cela confirme qu’il n’y a de notre côté aucun mérite, mais que nous devons tout à la fidélité et à la grâce du Seigneur. Soyons-en d’autant plus reconnaissants. Avec l’âge et l’expérience, la connaissance de la Parole s’approfondit. Nos enfants arrivent à la borne que nous avions atteinte il y a vingt-cinq ou trente ans ; ils manquent de cette expérience, ils sont ignorants des choses de la vie et ne possèdent qu’une connaissance insuffisante de la Parole de Dieu. Chers parents, ne permettez pas que vos enfants commettent vos fautes. Ne pensez pas que, tout ayant bien marché pour vous, il en sera obligatoirement de même pour vos enfants ; cette attitude serait très dangereuse. C’est pourquoi mettez votre connaissance de l’Écriture, votre expérience, alliée à beaucoup de tact, de sagesse et d’amour, au service de vos enfants, sans vouloir jouer le rôle d’un dictateur ou d’un tuteur infaillible. Veillez à ce qu’ils aient dès leur plus jeune âge une vaste connaissance de la volonté du Seigneur quant aux différentes questions de la vie chrétienne pratique. Et que notre Seigneur et Maître Jésus Christ bénisse vos efforts !

Voir la partie 1 ici:
http://chretienmariage.com/le-choix-dune-epouse-zutter-1/

Voir la partie 2 ici:
http://chretienmariage.com/le-choix-dune-epouse-zutter-2/