Le choix d’une épouse (Zutter 2)

 
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Le jeune croyant doit être doublement sur ses gardes et ne se laisser attirer ni par les jeunes filles du lieu où il habite (c’est-à-dire le monde) ni par celles qu’il a fréquentées avant sa conversion, c’est encore le monde, mais sous un autre caractère. Les premières seront prêtes à le suivre en se conformant par amour à ses habitudes. Elles se montreront disposées à lire et à écouter la Parole de Dieu, mais elles ne seront pas prêtes à se soumettre par la repentance à la puissance purificatrice du sang du Seigneur Jésus. Elles ont bien reconnu les privilèges d’un vrai croyant, veulent bien se montrer indulgentes, mais elles refusent de s’abandonner à Christ lui-même. Les unes auraient introduit l’esprit du monde dans la tente d’Isaac, les autres l’auraient fait retourner dans le monde. Jeune homme, tu seras toi aussi confronté avec ces deux tentations, c’est pourquoi nous te répétons : «Garde-toi…» ! Cette exhortation ne s’adresse pas seulement aux jeunes frères mais, dans une mesure tout aussi grande, aux jeunes sœurs. Combien de jeunes filles croyantes ont été demandées en mariage par d’honorables jeunes gens du monde ! Parce que le coeur jouissait trop peu de la communion avec le Seigneur, la force nécessaire pour résister à la tentation a fait défaut. C’est ainsi que commence, en général, un chemin sur lequel peu de temps après on ne s’engagerait probablement plus, mais qu’il faut bien maintenant suivre jusqu’au bout.
L’accomplissement de la volonté d’Abraham, désirant voir une compagne aux côtés de son fils ne devait pas se faire au détriment de la paix intérieure d’Isaac. Bien au contraire, cette épouse devait enrichir sa vie et être le vase dont Dieu se servirait pour accomplir ses promesses. Il ne suffisait pas qu’elle soit de la parenté d’Abraham, il fallait encore qu’elle soit décidée à occuper cette place bénie avec Isaac. Il ne pouvait alors être question de «retourner». Abraham préférait que son fils soit seul, mais heureux, plutôt que de le voir avec une compagne en dehors du terrain de la séparation, et privé de la communion avec Dieu.

«Est-ce vraiment si important ?» demandera l’un ou l’autre. Les enfants de Dieu qui ont été désobéissants à l’égard de ce commandement divin seront le mieux à même de répondre à cette question. Ils ont dû payer ce pas regrettable d’un appauvrissement spirituel et de bien des misères. S’ils étaient restés seuls, mais jouissant de la communion avec le Seigneur, leur vie aurait été combien plus heureuse et plus féconde. Au verset 7 Abraham encourage Éliézer en lui rappelant tous les soins de Dieu et en ajoutant : «Lui-même enverra son ange devant toi». Ne sommes-nous pas émerveillés en considérant tout ce qui concourait au bonheur d’Isaac ? Nous voyons le père qui préside à la destinée de son fils, le serviteur qui exécute l’ordre, et l’ange de l’Éternel qui va devant lui. Cher lecteur, as-tu conscience de toutes les ressources qui sont à ta disposition ? Tu as un Père dans le ciel qui te fait connaître sa volonté, tu possèdes le Saint Esprit qui te conduit en parfait accord avec cette volonté. Même David pouvait chanter : «L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent» (Ps. 34:7). Ton Père céleste n’a pas seulement à cœur de te tirer hors de ce monde mais, si tu t’enquiers de sa volonté, de t’éclairer dans toutes tes décisions et de décider lui-même pour toi. Il en était ainsi pour Isaac, et il en sera toujours ainsi.

Jusqu’ici ni le jeune homme, ni la jeune fille n’ont joué de rôle dans l’événement qui nous est rapporté. Nous en sommes toujours aux préliminaires, sans avoir touché le fond de l’affaire. Un frère désirant s’engager sur la voie du mariage doit rechercher la face du Seigneur par la prière et être convaincu de ce que nous avons exposé précédemment avant de donner libre cours à ses sentiments et de porter ses regards sur une jeune fille. Celui de nos lecteurs qui désire, par un pur effet de la grâce, marcher à la lumière de ces principes, en se soumettant à la volonté du Seigneur et à la direction du Saint Esprit, celui-là ne doit pas être en souci de son avenir.

Essayons de saisir la valeur pratique de l’attitude du serviteur d’Abraham et des instructions que nous donne le verset 10. Voici un frère qui entretient des communications intimes avec Dieu. Il a une connaissance très nette de sa volonté, et est animé du saint désir de chercher sous la direction de l’Esprit une jeune fille qualifiée parmi les enfants de Dieu. Il se met donc en chemin et espère rencontrer bientôt celle qu’il cherche. Mais voilà que, comme pour Éliézer, de nouvelles difficultés surgissent, plusieurs jeunes filles entrent en ligne de compte. Ce problème peut être résolu de plusieurs manières. Éliézer aurait pu attendre d’avoir vu toutes les jeunes filles, de s’être entretenu avec chacune d’elles, de s’être fait une idée de ses interlocutrices et de leur situation matérielle et, seulement après, fixer son choix.

Tout ceci aurait parfaitement répondu aux instructions formelles d’Abraham mais la volonté propre aurait fait valoir ses droits. 1 Corinthiens 10:23 nous enseigne que : «Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses». La possession de biens éphémères peut être une bénédiction, si le Seigneur les donne, mais entraînera une déficience spirituelle si le cœur s’y attache. Éliézer personnifie un croyant qui n’interroge ni la chair ni le sang. Il ne suffisait pas qu’il remplisse fidèlement sa mission quant au pays et à la parenté, le choix de la personne devait être entièrement laissé au bon plaisir de Dieu (voir versets 12-14).

Beaucoup de sagesse et de dépendance sont nécessaires pour choisir une compagne. Cher ami, ne méconnais pas l’exemple d’Éliézer, adonne-toi à la prière, prie avant que les jeunes filles ne «viennent à la fontaine», c’est-à-dire avant que tu n’aies observé l’une ou l’autre et n’aies fait quelques avances sans être sûr que Dieu te destine l’une d’elles. Épanche-toi dans Sa présence comme son enfant bien-aimé, dispose ta requête devant lui, car «votre Père céleste sait ce dont vous avez besoin». Celui qui suit l’exemple d’Éliézer ne sera jamais pris au dépourvu quant à son comportement envers les jeunes filles. Sans se détourner d’elles avec affectation, il saura ne froisser personne par une attitude naturelle, dictée par le Saint Esprit. Et il fera l’expérience que Dieu donne de merveilleuses réponses aux prières en lui montrant la compagne qu’il lui a préparée. Que la solution des problèmes les plus difficiles est simple, lorsqu’on marche avec Dieu !

À peine Éliézer a-t-il parlé que Rebecca vient à la fontaine pour accomplir son travail journalier. Elle se tient seule devant lui, montrant clairement par ses paroles et par ses actes que la prière fervente a été exaucée. Il voit en elle celle que l’Éternel a destinée à Isaac. Cette expérience plonge le serviteur fidèle dans un étonnement profond (v. 21). Tout était plus aisé qu’il se l’était imaginé. Il n’avait même pas à choisir entre deux jeunes filles. Parce qu’il a donné la préséance à Dieu, celui-ci lui fait connaître très rapidement la seule et unique choisie par lui, sans qu’il ait eu besoin d’entrer en relation avec aucune autre jeune fille de la ville. La même expérience peut être faite aujourd’hui par les jeunes gens exercés à ce sujet devant le Seigneur. Ils n’entreront pas en contact avec plusieurs jeunes filles, mais Dieu fera «sortir» vers eux celle qu’il leur destine. Ils connaîtront alors par sa conduite, ses paroles ou son silence que leurs prières ont été exaucées. Peut-être le chemin de l’attente a-t-il été long pour toi, cher ami, mais il en valait la peine pour recevoir celle que le Seigneur t’avait destinée et ton coeur déborde de reconnaissance en présence de la fidélité de Dieu. Peut-être aussi cette jeune fille t’est-elle depuis longtemps connue comme soeur en Christ, elle t’apparaît désormais sous un tout autre jour.

Le serviteur regardait Rebecca «sans rien dire» pour savoir si l’Éternel avait fait prospérer son voyage, ou non. Cette attitude d’Éliézer est pleine de sagesse. En admettant que ta prière ait été exaucée, que le Seigneur t’ait clairement fait voir celle qu’il te destine et que ton coeur déborde de joie, «garde le silence», ne le dis à personne, pas plus à la jeune fille elle-même qu’à d’autres gens, évite toute volonté propre, regarde tranquillement et attends. Examine sérieusement devant Dieu si ton affection et l’expérience que tu as faite procèdent de Lui. As-tu reconnu sans aucun doute que tu te trouves sur le bon chemin, il ne reste alors qu’une chose à faire : connaître la famille de la jeune fille avant de livrer le secret de ton affection. C’est la signification du verset 23 : «De qui es-tu fille ?» Tout en cherchant à exécuter très exactement l’ordre reçu, Éliézer reste prudent et réservé malgré la joie qu’il éprouve à rencontrer Rebecca. Il avait discerné clairement l’exaucement de sa prière, mais il ne s’agissait pas seulement de cela ; il devait avant toute chose accomplir à la lettre l’injonction de son seigneur. Il vaut la peine de considérer un instant ces deux faits, c’est-à-dire l’ordre de son maître et la prière avec les suites qu’elle comporte. Le commandement est l’expression de la volonté de Dieu donnée par sa Parole et son Esprit. La prière jaillit du coeur, et par elle nous nous adressons à Dieu. Chaque croyant, tout comme Éliézer, joint la prière à l’exécution du commandement reçu. Si ta prière est partiellement ou complètement exaucée, c’est certainement un grand encouragement, mais ce n’est pas encore la preuve absolue que cet exaucement soit en accord avec la volonté du Seigneur.

Voir la partie 1 ici:
http://chretienmariage.com/le-choix-dune-epouse-zutter-1/

Voir la partie 3 ici:
http://chretienmariage.com/le-choix-dune-epouse-zutter-3/