Le choix d’une épouse (Zutter 1)

 
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Si l’on excepte la conversion, le choix d’un conjoint est sans contredit, pour un jeune chrétien qui pense au mariage, le pas le plus important de toute sa vie. C’est pourquoi il nous a semblé opportun d’exposer quelques pensées sur ce sujet primordial. Beaucoup de chers jeunes croyants manquent peut-être moins de bonnes intentions que de direction quant à l’homme intérieur. Ils sont de ce fait exposés à des dangers au sujet desquels nous aimerions les avertir, mesurant l’étendue du préjudice spirituel que leur méconnaissance risque de porter à la future famille. Car si l’on déplore trop d’unions malheureuses, même parmi les enfants de Dieu, dans la plupart des cas, il faut remonter jusqu’à l’origine même de l’affection réciproque, pour expliquer ce fait affligeant.

Nous nous arrêterons donc ensemble sur la question : «La Parole de Dieu trace-t-elle à celui qui le désire sincèrement une ligne de conduite bien définie dont l’observation est en quelque sorte le garant du bonheur désiré ?» Un «oui» clair et net est la seule réponse à cette question. Le chapitre 24 de la Genèse, où nous trouvons le récit touchant d’une demande en mariage, servira de base à notre méditation. La façon dont elle nous est rapportée est pleine d’enseignement pour nous. Sans vouloir considérer tout le chapitre en détail, nous ne nous référerons qu’aux versets étayant notre sujet. Avec quelle beauté morale Abraham, le père, son serviteur (Éliézer), et Isaac, le fils, nous sont présentés dans ces versets. Nous avons en Abraham, sans aucun doute, un type de notre Père céleste, en Éliézer, son serviteur, le Saint Esprit chargé de trouver l’épouse. Isaac enfin personnifie l’époux qui introduit l’épouse dans la maison. Nous n’avons certes pas ici dans toute leur perfection les relations d’un enfant de Dieu avec son Père céleste, mais les caractères fondamentaux qui ressortent de notre passage sont d’une valeur inestimable pour notre méditation. Si nous comprenons toute la portée spirituelle de la position et du comportement de ces trois personnes, il nous sera facile de discerner les principes renfermés dans nos versets et de nous les appliquer comme ligne de conduite. C’est alors, chers frères, que, si vous appartenez à ceux «dans le coeur desquels sont les chemins frayés», vous pourrez faire l’expérience d’une union heureuse et bénie. En proposant quelques pensées à votre méditation, nous n’imaginons en aucune façon une règle rigide et bornée : les circonstances de la vie sont toujours différentes et Dieu conduit chacun personnellement.

Nous aimerions tout d’abord déterminer quel devoir incombe au futur époux à la recherche de l’épouse. Que le bel exemple de la famille d’Abraham parle à notre coeur ! Le temps était venu pour Isaac de trouver une aide qui lui corresponde. Mais comment satisfaire à ce besoin du coeur, puisque son père et lui-même étaient entourés d’impies ? Isaac était en danger de faire un choix qui ne réponde pas à la volonté de son père, danger qui est le même aujourd’hui pour tous les jeunes gens. Un tel discernement ne s’acquiert que dans la jouissance d’une communion sans nuage avec Dieu. C’est pourquoi chaque croyant cherchera à connaître, par la prière et dans une attente patiente, la volonté de Dieu quant à son avenir. Négliger cela, c’est s’exposer à être victime de ses désirs et de ses sentiments naturels. Il faut avant tout savoir si l’on doit vraiment s’engager sur le chemin du mariage. Si ce point, en règle générale, ne présente pas de difficultés particulières, puisqu’il répond à la volonté divine et à la nature de l’homme, il est toutefois nécessaire de bien peser chaque cas devant le Seigneur.

Isaac ne doit certainement pas être considéré comme un fils dépourvu de caractère et livré au bon plaisir de son père. Il s’agit bien plutôt d’une communion parfaitement heureuse entre père et fils. Isaac se sait aimé de son père et l’aime en retour. Son père est au courant de tout ce qui le concerne. Nous pouvons supposer que le désir d’avoir une compagne faisait aussi l’objet des communications intimes du père et du fils. Toute la sagesse et les richesses du père, de même que les promesses divines, étaient là pour la bénédiction et la joie du fils et le rendaient si heureux que la pensée d’attrister son père en suivant un mauvais chemin ou en faisant un choix de propre volonté ne devait même pas l’effleurer.
Heureux celui qui a saisi par la foi cette précieuse position de fils et d’héritier de Dieu, qui jouit des relations de fils bien-aimé du père et de tous les privilèges qui en découlent (Rom. 8:14, 17). Il remet volontiers son avenir au Dieu de toute grâce auquel il doit toutes les richesses d’un si grand salut et qui l’a conduit jusqu’ici. Qui pourrait le bénir plus richement que lui ! Nous voyons par la suite que ce n’est pas Isaac mais Abraham qui prend l’initiative de l’action. Il parle au serviteur, lui donne des instructions précises et tous deux se tiennent devant l’Éternel, conscients du sérieux de la mission qui transformera la vie d’Isaac. On ne pose à ce dernier aucune question, et lui-même ne fait aucune remarque quant au comportement de son père. Il est entièrement soumis à sa volonté, bien qu’il s’agisse de décider de son avenir et de ses intérêts personnels. La volonté propre doit s’effacer, c’est dans la dépendance et la seule présence de Dieu que se forme la destinée dont les suites revêtiront une si grande importance.

C’est dans la réalisation de ces vérités, malheureusement souvent méconnues, que l’on trouve des enseignements profonds et bénis ; elles font partie du secret de nos expériences personnelles avec Dieu. Ce sont autant de bornes inoubliables dans le chemin de notre pèlerinage. Un croyant qui désire fonder solidement sa maison doit aspirer en premier lieu à marcher devant l’Éternel comme Abraham et Éliézer, autrement dit jouir de la communion avec Dieu et se tenir sous la direction du Saint Esprit. Jeune homme, si tu remplis ces conditions, Dieu illuminera ta vie comme le soleil quand il perce les nuages. Il te montrera clairement par son Esprit Saint ce que tu as à faire, si tu dois rechercher une jeune fille en mariage, et où tu la trouveras. Il ne pouvait être question en aucune façon d’arrêter un choix sur l’une des filles des païens au milieu desquels Abraham habitait. Malgré les bonnes dispositions de ceux-ci, et si favorables que fussent les circonstances, Abraham dit résolument «non» !

Certes les filles de Canaan auraient pu plaire à Isaac, mais elles n’avaient ni besoin ni même connaissance de la séparation du monde, de l’adoration du Dieu vivant, ni de la bénédiction découlant des promesses divines. Éviter une telle union était non seulement le désir d’Abraham, mais aussi le saint commandement de Dieu. Comment Isaac aurait-il pu être heureux dans un tel chemin ? Cette condition était si importante pour Abraham qu’il l’accompagna d’un serment. N’entrait en considération pour son fils qu’une fille de sa parenté — au sens spirituel — de la famille de Dieu, élue en lui dès avant la fondation du monde (Éph. 1:4), née d’eau et de l’Esprit, ayant la nature divine et la bourgeoisie des cieux. Chacun comprend-il la nécessité impérieuse de s’en tenir à cette ligne de conduite ? Le monde abonde en tentations, mais c’est justement à ce sujet que la grandeur de l’amour et des soins d’Abraham envers son enfant se montre avec une rare beauté. Crois-tu, cher jeune frère, que ton Père céleste n’a pas à coeur ton bien-être personnel ? Ne veux-tu pas, comme Isaac, remettre entre ses mains en toute confiance la question la plus chère à ton coeur, afin qu’il puisse verser dans celui-ci sa joie et sa bénédiction ? La nature et la volonté de l’homme font, en pareille circonstance, volontiers valoir leurs droits ; il n’en est cependant pas ainsi dans notre passage.

Arrêtons-nous à l’objection d’Éliézer au verset 5 : «Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre dans ce pays-ci». Une jeune fille aurait peut-être accepté de devenir la femme d’Isaac, à condition qu’il renonce à sa position bénie et retourne dans le pays que son père avait quitté. Me faudra-t-il faire retourner ton fils dans le pays d’où tu es sorti ? Cette question incite Abraham à s’exprimer encore plus explicitement, ce à quoi nous devons porter la plus grande attention. «Garde-toi…» enjoint-il au serviteur. Comme cela est sérieux !

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http://chretienmariage.com/le-choix-dune-epouse-zutter-2/ ‎