Gérer sa foi et son foyer

 
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Comment chaque partenaire dans un couple, manifeste-t-il sa consécration individuelle à Dieu?

Déjà dans Genese (1.18), Dieu emmène l’homme à réaliser qu’il n’est pas bon qu’il soit seul et que dans le mariage, Dieu pourra répondre à tous ses besoins (physiques, émotionnels et surtout spirituels). Le conjoint marié constitue un partenaire de prière, une aide dans le ministère et une support pour sa propre croissance spirituelle. En fait, pour quelqu’un qui est marié, la comparaison est plus poussée et profonde; contrairement au célibataire qui ne dispose pas de regard externe ou de correction à des moments critiques. Il n’y a pas de «meilleure consécration» dans un cas ou dans un autre, mais de meilleures configuration et dispositions à la consécration dans le mariage par rapport au célibat.

Comment comprendre que le célibat soit vu comme une plateforme où l’on servirait Dieu mieux que dans le mariage?

Ceci est une analyse partielle. Quand on n’est pas marié, on devrait en profiter pour améliorer les aspects de sa vie où l’on dispose encore des droits et des libertés, car une fois marié, l’avis de l’autre comptera. Le célibat offre une liberté dans les outils et le temps que l’on choisit pour résoudre tel ou tel problème. Il ne s’agit pas de comprendre le mariage comme une prison ou un blocage à la croissance spirituelle. Dans le mariage, si l’on commence à penser à l’autre, au lieu de ne penser qu’à soi, on raisonne en intégrant l’apport et l’aide de l’autre pour ma propre croissance et vice-versa. Le mariage devient un formidable cocon pour croitre sainement et positivement. Et même en termes de temps, d’énergie ou de ressources, quand on est marié, on bénéficie de l’aide de l’autre dans les tâches que Dieu a confiées. Avec une bonne organisation, on arrive à faire certaines choses qu’on ne pensait pas faire et à les faire sagement et efficacement. 

Y a t-il une «formule» pour gérer à la foi le vivre-ensemble, la vie familiale et les différents ministères auxquels l’un et l’autre dans le couple, assuraient?

Il faut déjà comprendre la vie à deux, la vie spirituelle. On a trop tendance à circonscrire la vie spirituelle à l’ensemble des activités religieuses. Le mariage a pour but de travailler la relation et la vie à deux ou la vie familiale.

Si on prend le cas de l’évangélisation, un couple devrait continuer à exercer leur appel sans aucun gêne. Ils pourraient ne plus être assez réguliers dans l’assemblée locale ou dans les réunions de ministère. Mais, ils peuvent le faire différemment, en étant organisés, dans le cadre de leurs familles, dans le voisinage immédiat ou les lieux de travail. Ainsi l’appel de Dieu demeure, mais les activités prennent une autre forme. Il n’ y a pas à culpabiliser du déficit de temps consacré à l’église, car l’exercice de l’appel de Dieu demeure et c’est le mariage qui l’aura permis.

Prenons aussi le cas – assez régulier – des couples où l’un est plus mature que l’autre. Il faut cesser de croire que le «faible» tire le «fort» vers le bas. En fait, Dieu utilise cela pour permettre au «fort» de partager sa foi au faible en termes d’enseignement, de foi, de suivi, etc. Le partenaire «faible» permet même par-là au fort de grandir et de d’édifier à nouveau.

Cela dit, il y a aussi des cas où le mariage a été une source de déchéance de la foi. En général, cela est dû à la mauvaise compréhension de la vie à deux et de la vie spirituelle. Ils n’ont pas su créer le vivre-ensemble et ont juste juxtaposé leurs vies individuelles.

Il n’est pas bon que l’homme (la femme) soit seul; quand on est deux, on devrait s’en sortir plus facilement que tout seul. Le secret? La bonne  compréhension de la vie spirituelle et du vivre-ensemble.