Cultiver de saines habitudes dans son foyer

 
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Lorsque nous voulons intérioriser les principes fondamentaux – cultiver des habitudes qui mènent à un style de vie chrétienne véritable – nous ne pouvons pas nous limiter à des règles de vie individuelles. Les principes fondamentaux de la foi exigent une vie disciplinée à tous les niveaux. Un de ces aspects concerne la vie familiale. Celle-ci aussi doit être soumise aux principes fondamentaux de la foi.

Souvent, les gens voient la foi comme une question personnelle et ils négligent de l’intégrer pleinement à leur vie familiale. Nous nous permettrons dans cet enseignement de nous intéresser aux habitudes qu’il nous faut développer au sein de notre famille, et nous insisterons plus particulièrement sur le fait d’instruire nos enfants dans la foi, un processus qui nécessite à lui seul une série d’habitudes du cœur spécifiques. Nous examinerons le passage d’Éphésiens 6.1-4, qui nous instruit sur les habitudes qui s’appliquent à la famille. Dans notre culture, le travail est si exigeant que nous sommes souvent trop exténués pour maintenir ces habitudes familiales et par ailleurs la vie paraît si difficile pour apporter les soins qu’il faut à la famille.

Il nous faut acquérir l’habitude d’orienter notre vie familiale autour de ces principes.

Avant de continuer, il est important de se poser certaines questions et  y réfléchir sérieusement :

1. À qui revient la responsabilité première de transmettre aux enfants les fondements de la foi ?
2. Quelle différence y a-t-il entre « discipline » et « instruction » ?
3. Pourquoi, à votre avis, cette lettre inclut-elle une exhortation aux pères de ne pas exaspérer leurs enfants ?
4. Que veut dire « honorer ses parents » ? Qu’est-ce que cela implique concrètement ? Quel lien y a-t-il entre cela et jouir d’une longue vie sur la terre ?

Ces quatre versets d’Ephésien 6 font parties d’un des textes fondamentaux s’adressant à la famille. Il est également lié au passage parallèle de celui de Colossiens 3.20-21.

Dans cet enseignement, nous porterons notre attention sur un aspect en particulier de ce texte de la famille – les disciplines de base de la famille chrétienne et les habitudes du cœur qui s’y rattachent et qui sont essentielles pour donner suite à ces directives.

Les disciplines de base nous sont données au chapitre 4 verset 4. Elles tournent autour des mots « discipline » et « instruction ». Il est intéressant de noter que la recommandation de mettre en pratique cette discipline et cette instruction des enfants s’adresse aux pères. Le père est celui qui doit diriger dans l’éducation, quoique les deux parents soient clairement impliqués. En effet, les enfants ont reçu la recommandation d’obéir à leurs parents (4.1). L’idée de base est que les enfants doivent obéir à la discipline et à l’instruction de leurs parents. Tout se déroule sous l’autorité et la direction du père. Ce concept est magnifiquement décrit dans le livre des Proverbes de l’Ancien Testament. Dans Proverbes 1.8, le fils est encouragé à écouter « l’instruction de son père » (l’enseignement qu’il prodigue avec autorité) et « l’enseignement de sa mère » (un mot employé en général pour l’enseignement de base). La réalité de l’influence de la mère et du père est illustrée dans une métaphore que Paul utilise en 1 Thessaloniciens, au chapitre 2. Dans ce texte, il décrit comment il instruit les jeunes Églises. Il mentionne qu’il était doux avec elles comme le serait une mère, les exhortant et les encourageant comme un père. Un avertissement particulier est donné aux pères, ce qui souligne encore une fois leur responsabilité première. Ils ne doivent pas user de leur autorité de manière à exaspérer leurs enfants, mais ils sont responsables d’encadrer leur vie.

Deux mots précis sont utilisés par Paul lorsqu’il décrit le processus de formation : discipline et instruction.

Le premier mot, discipline, traduit de paideia, est un mot usuel. Il est fréquemment utilisé aujourd’hui pour parler d’une bonne éducation générale. Il faisait référence, du temps de Paul, à l’éducation générale acquise par la discipline. Le mot pour instruction veut littéralement dire « mettre dans la pensée ». En d’autres mots, apprendre aux individus à réfléchir, former la pensée. Il contient aussi l’avertissement de suivre l’instruction. La recommandation semble s’appliquer à tout le processus d’apprentissage. Cependant, le domaine d’instruction est réduit à la discipline et à l’instruction « du Seigneur ». Le contexte soulève encore une fois l’idée des principes fondamentaux.

Les principes fondamentaux de la foi doivent être transmis par les parents dans un contexte de discipline, où le père s’assure que la vie de ses enfants correspond à ces principes. La responsabilité des parents est de veiller à ce que leurs enfants apprennent les principes de base de la foi et qu’ils « puissent faire l’expérience de la primauté de ces principes » dans tous les aspects de leur éducation.

En rapport avec les principes essentiels, nous devons apprendre à nos enfants à réfléchir dans tous les domaines et disciplines de l’éducation avant qu’ils ne quittent la maison. C’est aux parents que revient la responsabilité d’inculquer la discipline aux enfants pendant 18 ans ou plus – en clair, une habitude du cœur. Cette habitude est décrite dans Deutéronome 6.6, qui constitue le passage parallèle et central à l’éducation parentale. Ce texte exhorte les parents à garder les paroles de Dieu dans leur cœur et à les enseigner à leurs enfants quand ils sont assis à la maison, quand ils se lèvent et qu’ils se couchent et quand ils vaquent à leurs occupations quotidiennes. De toute évidence, nous sommes appelés à cultiver cette habitude du cœur de grande envergure dans nos foyers chrétiens.

Les parents d’aujourd’hui croient souvent que leur responsabilité d’éducateurs vis-à-vis de leurs enfants se limite à la période préscolaire. Quand l’enfant atteint l’âge de cinq ou six ans, les parents confient volontiers aux écoles et autres institutions l’essentiel de la formation et l’instruction de leur enfant. Les pratiques du Nouveau Testament en matière d’éducation sont radicalement différentes de ce modèle. Il était entendu que les parents devaient élever leurs enfants pour en faire des chrétiens, des hommes et des femmes matures. C’est ce qui explique le souci exprimé par Paul dans 1 Timothée 3 et dans Tite 1, lorsqu’il souligne qu’un homme devrait être capable de bien éduquer ses enfants. Ce contexte nous aide également à saisir précisément l’instruction d’Éphésiens 6.4 : « Et vous, pères, ne traitez pas vos enfants de façon à les irriter. Mais élevez-les en leur donnant une éducation et une discipline inspirées par le Seigneur. Le mot discipline (paideia) dans ce passage est particulièrement rempli de sens. On pourrait le traduire par entraînement, instruction, punition ou même par formation. Le mot équivalent en hébreu (musar), apparaît fréquemment dans la littérature de Sagesse de l’Ancien Testament. Entraînement convient peut-être mieux que discipline.

En effet, lorsqu’on parle de discipline, on pense presque toujours à punition. Bien que la punition ait un rôle à jouer dans la musar-paideia, le concept en soi est beaucoup plus large. Au sens littéral, le mot entraînement décrit une activité éducative modifiant la façon dont une personne mène sa vie. Il ne s’agit pas exclusivement d’une connaissance théorique ou d’une compréhension intellectuelle. Le mot veut dire : habituer à agir d’une certaine façon. De plus, l’enseignement que reçoit une personne en train d’être formée est, selon les Écritures, un enseignement qui fait autorité et qui est renforcé par la punition. C’est le formateur qui est responsable de ce que cette personne va devenir au bout du compte. Il ne fait pas que lui fournir un paquet d’idées pour la laisser ensuite en faire ce que bon lui semble. Il la forme en tant que personne.

Aujourd’hui, en tant que chrétiens, nous négligeons parfois de prendre au sérieux notre responsabilité d’élever nos enfants. Il y a souvent un manque d’ordre et de discipline évident dans nos foyers, sans parler de l’absence d’habitudes du cœur soigneusement inculquées. Nous sommes si occupés que même le traditionnel temps en famille autour du repas du soir a été abandonné. Nous avons tous été sensibilisés au fait que, selon les résultats de recherches, le père moyen passe environ six minutes par jour avec ses enfants. Même quand nous accordons un réel intérêt au développement spirituel et moral de nos enfants, nous ne parvenons pas à modifier de façon significative les habitudes de notre vie de famille. Nous choisissons alors de nous en remettre à l’école du dimanche ou aux écoles chrétiennes. Une des tendances actuelles les plus alarmantes concerne nos enfants : un fort pourcentage d’entre eux, de 60 à 70%, abandonnent la foi. Dans les questions qui vont suivre, réfléchissons aux habitudes du cœur nécessaires à nos familles chrétiennes, leur permettant d’être solidement fondées sur les principes fondamentaux de la foi.

1. Que diriez-vous à propos des habitudes de vie de votre famille ? Existe-t-il une série d’habitudes et de structures destinées à modeler la vie de chaque membre de votre famille selon les principes fondamentaux de la foi ?

2. À votre avis, quelles sortes d’habitudes sont requises pour parfaire l’éducation de vos enfants selon les principes fondamentaux de la foi ? Quant à vous, jeunes adultes, quelles habitudes votre famille devrait-elle adopter pour vous aider à recevoir une éducation valable ?

3. À quel point croyez-vous avoir besoin d’être discipliné dans ces habitudes pour être efficace ?

4. De quelle façon les membres de votre famille élargie peuvent-ils contribuer à ces habitudes ?

Nous explorerons plus en profondeur ce sujet dans la prochaine étape de cet enseignement.

Soyez Bénis au nom du Seigneur Jésus !
Amen.